Se sentir vivant

Se sentir vivant.

De la musique te fait pleurer. Tu n’as jamais été insensible à ce genre de choses depuis que tu existes. Tu as toujours aimé écouter des sons qui te faisaient penser au battement de ton âme, pareille à une délicate aile de papillon. Sacrée, la musique te fait vivre. Elle brûle ton cœur parfois trop noir et te ressuscite enfin ;

Tu n’as en ce monde qu’un seul souhait

Formulé en mars, dans la soirée

Celui de t’immerger tout entier

Dans les gouffres de ta mer gelée

Car pour toujours tu veux disparaître,

Ne plus être vu, et ne plus être.

 

Au fond du précipice tu frissonnes. Las, même, tu t’abandonnes.

Au bord de l’abysse grandiose de ton être, tu ne fuis plus. La vue t’étonne. T’inspire. Tu humes le parfum de la peur, tu t’éprends des nuages cotonneux qui embrument tes pensées, te troublent et t’émeuvent. Un tremblement te prend, tes mains hésitent, palpent le vide. Tu n’as pas peur de te lancer, mais tu crains de regretter le haut de cette falaise. Qui sait ce que tu vas laisser derrière toi ? Qui sait combien de larmes couleront après ton passage, combien de visages seront brisés ?

 

Un éclair déchire brusquement tes célestes pensées. Du fond du ravin, brille une étoile. Devant toi il n’y avait rien que le  néant, et maintenant tu aperçois des éclats de feu, des étincelles de joie, des fragments lumineux de bonheur.

Sauter ne t’a jamais fait peur. La peur n’est rien ; comment pourrais-tu avoir peur du néant, chose qui par définition n’existe pas ? Nihilisme. Mais d’autres avaient peur pour toi, ils avaient peur que tu ne voies pas l’espoir scintillant dans le creux des mains du grand rien.

Tu l’as vu, tu l’as vu. Et maintenant, plus que jamais tu sais, tu as la certitude que, ça y est, tu vas te laisser aller. Tu vas fondre, couler, sauter dans le trou de ta vie si obscure mais si enchanteresse et magnifique.

 

Tu as grimpé une vaste montagne.

Tu t’es baigné en des eaux impitoyables.

Et tu t’es senti vivant.

Illustration du poème Se sentir vivant.

Au bord de l’abysse grandiose de ton être

Avez-vous aimé le poème ? Et que pensez-vous de son illustration ? On se retrouve la semaine prochaine pour la suite du recueil !

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Illustration du poème Oslo

OSLO.

O-S-L-O.

Oslo ;

Origami

Scandinave

Lointain

Ô…

O rond comme une bouche déformée par un cri de colère. Par un cri de souffrance. Par un cri d’amour.

O eau comme celle qui coule dans le corps de chacun. L’eau te fait vivre, mais as-tu seulement pensé à la remercier ? Tu es ingrat.

O cycle de ta vie, comme un cycle infini que seul terminera un siècle lointain. Comme ta ville.

O comme le soleil couchant sur l’horizon.

O comme un œuf à la coque dans son coquetier. Comme un œuf jaune que tu viens briser. Révélant un cœur tendre, tendre ! Tendre comme le soleil.

O comme un râle perché si haut, si haut, si haut !

Tu ne pourras plus atteindre ces hauteurs ; tu es aveuglé par le soleil de ta cruelle passion ! Et que ta passion est égoïste. Elle n’en fait qu’à sa tête, te faisant même du mal. Et quel mal.

De là haut les choses sont-elles plus grandes ? Ton soleil est-il plus pâle que celui des autres mortels ? Ton bonheur est-il plus fade ?

Tu souris mais tes dents ne font que cacher le vide de ta gorge. L’air que tu respires à travers la douleur blanche et creuse de ta propre vie est empuanti par l’écume marine. Des chevaux blancs dansent dans l’eau de la mer qui entoure ton monde. Tu tends la main pour les atteindre, tu les touches, les caresses. Sensuellement. Les chevaux haletants te crachent pourtant au visage mais la douceur de leur robe d’albâtre t’attire encore et encore. Tu les aimes, ces chevaux irréels, et ils battent dans ton cœur rapidement, galopant à de folles vitesses. A ton tour tu halètes et t’effondre sur le sol. Il tangue, ce sol maudit, ce sol de mer ! Tu chavires. Enfant, tu t’agrippes à des fantômes disparus et tente toujours avec désespoir de caresser de nouveau tes chevaux invisibles faits de l’écume de tes rêves. Las ! Tes rêves sont si fous, tes rêves sont si flous. Pourquoi y crois-tu encore ?

 

O, Si seulement L’eau d’Oslo pouvait te faire voguer vers l’infini !

O, Si vraiment Le cœur d’Oslo pouvait te ramener à la vie…

Illustration du poème "Oslo"

« Les chevaux haletants te crachent pourtant au visage mais la douceur de leur robe d’albâtre t’attire encore et encore. »

Qu’avez-vous pensé de cet article et de son illustration ? 🙂