Illustration du poème "Tes yeux brumeux le matin"

Tes yeux brumeux le matin.

Saoule, je me hisse et je glisse sur les fils aériens de tes longs cils. Je me rapproche, lentement, de ton cœur brut extrait d’un bloc d’onyx palpitant, qui se dilate, se rétracte, s’écarte, se contracte; tremblant.

Une lumière scintillante, dorée, passe à l’horizon, au-delà du bloc noir de ta pupille, et toute ta nature s’éveille. Lire la suite

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Se sentir vivant

Se sentir vivant.

De la musique te fait pleurer. Tu n’as jamais été insensible à ce genre de choses depuis que tu existes. Tu as toujours aimé écouter des sons qui te faisaient penser au battement de ton âme, pareille à une délicate aile de papillon. Sacrée, la musique te fait vivre. Elle brûle ton cœur parfois trop noir et te ressuscite enfin ;

Tu n’as en ce monde qu’un seul souhait

Formulé en mars, dans la soirée

Celui de t’immerger tout entier

Dans les gouffres de ta mer gelée

Car pour toujours tu veux disparaître,

Ne plus être vu, et ne plus être.

 

Au fond du précipice tu frissonnes. Las, même, tu t’abandonnes.

Au bord de l’abysse grandiose de ton être, tu ne fuis plus. La vue t’étonne. T’inspire. Tu humes le parfum de la peur, tu t’éprends des nuages cotonneux qui embrument tes pensées, te troublent et t’émeuvent. Un tremblement te prend, tes mains hésitent, palpent le vide. Tu n’as pas peur de te lancer, mais tu crains de regretter le haut de cette falaise. Qui sait ce que tu vas laisser derrière toi ? Qui sait combien de larmes couleront après ton passage, combien de visages seront brisés ?

 

Un éclair déchire brusquement tes célestes pensées. Du fond du ravin, brille une étoile. Devant toi il n’y avait rien que le  néant, et maintenant tu aperçois des éclats de feu, des étincelles de joie, des fragments lumineux de bonheur.

Sauter ne t’a jamais fait peur. La peur n’est rien ; comment pourrais-tu avoir peur du néant, chose qui par définition n’existe pas ? Nihilisme. Mais d’autres avaient peur pour toi, ils avaient peur que tu ne voies pas l’espoir scintillant dans le creux des mains du grand rien.

Tu l’as vu, tu l’as vu. Et maintenant, plus que jamais tu sais, tu as la certitude que, ça y est, tu vas te laisser aller. Tu vas fondre, couler, sauter dans le trou de ta vie si obscure mais si enchanteresse et magnifique.

 

Tu as grimpé une vaste montagne.

Tu t’es baigné en des eaux impitoyables.

Et tu t’es senti vivant.

Illustration du poème Se sentir vivant.

Au bord de l’abysse grandiose de ton être

Avez-vous aimé le poème ? Et que pensez-vous de son illustration ? On se retrouve la semaine prochaine pour la suite du recueil !

Illustration du poème Oslo

OSLO.

O-S-L-O.

Oslo ;

Origami

Scandinave

Lointain

Ô…

O rond comme une bouche déformée par un cri de colère. Par un cri de souffrance. Par un cri d’amour.

O eau comme celle qui coule dans le corps de chacun. L’eau te fait vivre, mais as-tu seulement pensé à la remercier ? Tu es ingrat.

O cycle de ta vie, comme un cycle infini que seul terminera un siècle lointain. Comme ta ville.

O comme le soleil couchant sur l’horizon.

O comme un œuf à la coque dans son coquetier. Comme un œuf jaune que tu viens briser. Révélant un cœur tendre, tendre ! Tendre comme le soleil.

O comme un râle perché si haut, si haut, si haut !

Tu ne pourras plus atteindre ces hauteurs ; tu es aveuglé par le soleil de ta cruelle passion ! Et que ta passion est égoïste. Elle n’en fait qu’à sa tête, te faisant même du mal. Et quel mal.

De là haut les choses sont-elles plus grandes ? Ton soleil est-il plus pâle que celui des autres mortels ? Ton bonheur est-il plus fade ?

Tu souris mais tes dents ne font que cacher le vide de ta gorge. L’air que tu respires à travers la douleur blanche et creuse de ta propre vie est empuanti par l’écume marine. Des chevaux blancs dansent dans l’eau de la mer qui entoure ton monde. Tu tends la main pour les atteindre, tu les touches, les caresses. Sensuellement. Les chevaux haletants te crachent pourtant au visage mais la douceur de leur robe d’albâtre t’attire encore et encore. Tu les aimes, ces chevaux irréels, et ils battent dans ton cœur rapidement, galopant à de folles vitesses. A ton tour tu halètes et t’effondre sur le sol. Il tangue, ce sol maudit, ce sol de mer ! Tu chavires. Enfant, tu t’agrippes à des fantômes disparus et tente toujours avec désespoir de caresser de nouveau tes chevaux invisibles faits de l’écume de tes rêves. Las ! Tes rêves sont si fous, tes rêves sont si flous. Pourquoi y crois-tu encore ?

 

O, Si seulement L’eau d’Oslo pouvait te faire voguer vers l’infini !

O, Si vraiment Le cœur d’Oslo pouvait te ramener à la vie…

Illustration du poème "Oslo"

« Les chevaux haletants te crachent pourtant au visage mais la douceur de leur robe d’albâtre t’attire encore et encore. »

Qu’avez-vous pensé de cet article et de son illustration ? 🙂

 

 

 

 

Avec toi-même, tu es un monstre

Tu es créature des ténèbres qui sous la brûlure du soleil s’évanouit. Tu es démon souriant de l’infini. Tu respires le souffre et expire le feu. Démon, démon, enveloppe-toi dans tes flammes infernales, et laisse tes pâles et jaunissantes larmes brûler ta peau comme de l’acide.

Prends le couteau de tes souvenirs et écorche-toi vif. Sous la menace de l’acier tes pensées seront exaltées, et alors démon terrible tu toucheras à l’infini.

La mélancolie est une lune sombre, vois-tu comme elle est grande, et vois-tu comme elle est noire ? Elle projette sur ton corps des éclats de verre pourpres et est un miroir de ton âme torturée.

Démon, démon, pourquoi t’es-tu laissé torturer ? Ô ton cœur est si cruel, démon, pourquoi le laisses-tu ainsi vivre et penser ?

Des chaînes spirituelles t’attachent à un rocher, Prométhée moderne, humain déchaîné, tu te laisses dévorer par ta propre âme insalubre qui tel un aigle puissant de feu et de glace vient te foudroyer.

Et des vagues de chaleur sulfureuses te fouettent le visage.

Et la terre devient boue pour t’ensevelir de mirages.

Et ton cœur bat, bat, bat ! Ultime virage.

Avant…

Avant la raison palpitante qui vient te recouvrir, tuant ton cœur qui plus jamais ne chante, sauf dans tes souvenirs. Raison, paix immortelle, trahison de ton sang. Démon agile tu étais devenu ton propre Titan, tentant encore et toujours de te renverser.

Créature des ténèbres, tu faisais face à un dilemme mais pourtant tu savais que le seul problème n’était autre que toi-même. Alors laissant de côté ton cœur ensanglanté par ta propre lame, laissant expirer les tréfonds sombres et pervers de ton âme, tu t’es fait prisonnier de la raison. Et jamais il n’existât de plus haute et douloureuse trahison.

 

Avec toi-même, tu fus un monstre.

Dessin abstrait au stylo à encre rouge et crayon de couleur.

« Prométhée moderne »

 

 

Amoureux

Amoureux

Il avait les yeux gorgés de sommeil

Et ses paupières, comme des fruits bleus,

Battaient contre le soleil.

 

– Sans retour

Il y avait comme un voile de brume

Qui se dressait entre les jours,

Le soleil devenant lune.

 

– Aveuglée

Elle avait fermé sa bouche de soie

Et ses lèvres dénudées ne bougeaient

Plus : libellule épinglée.

 

Sur un lion à Prague

Dans ce quelque part qu’eux seuls connaissaient

Dans ce quelque part qu’eux seuls connaissaient, là-haut,

Il a posé sa main

Sur sa poitrine nue.

Les rayons du soleil

Rougissaient sur leur corps

Et dans leur cœur d’ivoire.

Des voitures passaient,

Ils leurs faisaient un signe

De la main, en riant,

Nus et seuls sur le toit

De leur petit cosmos.

Là, ils firent l’amour

Sur un lit de feuilles

Et d’habits, en riant

Des caresses du vent

Sur leur dos, des feuilles

Tombées dans leurs cheveux.

 

C’était beau.

 

Dans ce quelque part qu’eux seuls-connaissaient, là-haut.