Illustration du poème "Tes yeux brumeux le matin"

Tes yeux brumeux le matin.

Saoule, je me hisse et je glisse sur les fils aériens de tes longs cils. Je me rapproche, lentement, de ton cœur brut extrait d’un bloc d’onyx palpitant, qui se dilate, se rétracte, s’écarte, se contracte; tremblant.

Une lumière scintillante, dorée, passe à l’horizon, au-delà du bloc noir de ta pupille, et toute ta nature s’éveille.

 

Je marche prudemment dans un marécage vert que recouvre un pâle et maladif ciel bleu. Des nuages sales le couvrent, le cachent, le mâchent ; ce sont des carnivores voraces qui te dévorent de l’intérieur. Ils sont les crocodiles mangeurs d’étoiles ; ils sont des sinueux nuages crocomorphes puissants. Tout cela te déroute, mais en même temps tu trouves cela fascinant, qu’un nuage reptilien, qu’un soleil écailleux, qu’une étoile brûlée et qu’un ciel rêche enfin, puissent ainsi t’assombrir !

Deux tournesols fleurissent dans ton regard et leurs graines sont tes larmes qui se plantent dans ton sillage. A ton passage, tout se transforme, tout devient jaune et floral, tout devient gai et presque anormal. Tes larmes, amères pourtant, sont fertiles.

 

Ton iris est aussi une fleur mauve parfois, jaune toutefois, mais surtout explosive et chaleureuse. La fleur se courbe sous le poids des pensées que ne peut chasser l’amour de la matinée.

Dans le sommeil, lorsque tu dors, ton bel œil alors est comme mort. Sous les paupières tristes et hermétiques de ton sommeil, ton regard s’agite encore, vain, tandis que les méandres lacrymales de ton être prennent vie et s’échappent, coulent le long de la gouttière ferreuse de tes cils à la noirceur laiteuse.

La nuit s’envole, ange dévasté, et le matin tente de t’éveiller. Regarde-le qui t’appelle, qui t’attend. Et regarde comme tes yeux sont ingrats à être encore si enfarinés. Pourtant, qu’ils sont vivants ces yeux parfois terrifiés et toujours vacillants. Qu’ils sont durs ces yeux-aimants et qu’ils sont tendres lorsqu’ils sont chantant. Leur humeur est changeante, aussi rapide que le vent et dévastatrice que le temps… N’aies pas peur, tes yeux te sont fidèles. Et même lorsque tu ne vois pas, eux te comprennent et te dévoilent.

Ne laisse pas tes paumes détruire la fleur si fragile et douce de ton regard ; ne laisse pas la douleur briser la tige nerveuse de tes prunelles. Et laisse croître l’étoile de dentelle de ton amour dans ta pupille déjà si fatiguée.

 

Croque dans la prunelle de tes yeux comme on marche dans la  neige d’un automne merveilleux.

Illustration du poème "Tes yeux brumeux le matin"

« Ton iris est aussi une fleur mauve parfois »


Le poème de cette semaine vous a-t-il plu ? Et son illustration ? Donnez-moi vos impressions dans les commentaires !

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