La Bataille d'Aboukir (en Égypte),1806, Antoine-Jean Gros

Orientalisme & Exotisme

dans l’Histoire de l’Art du XIXème siècle en France

La fin d’année scolaire approchant, mon professeur d’Histoire en hypokhâgne avait proposé que quelques élèves présentent des exposés d’Histoire de l’Art. Ce fut pour moi une occasion de plancher sur un sujet assez vaste et que je méconnaissais alors : l’orientalisme et l’exotisme dans l’Histoire de l’Art du XIXème siècle, en France.

Puisque j’avais pris beaucoup de plaisir à faire les recherches pour et à présenter cet exposé, je me suis dit que je pourrais aller plus loin et le partager avec vous sur mon blog. Un article assez hors catégorie, donc, mais j’espère que cela pourra vous intéresser. Et même si vous êtes déjà incollables sur le sujet, je suis sûre que vous apprécierez de voir toutes les belles œuvres présentées plus ou moins en détail ci-dessous !

Avant d’aller plus avant dans ma présentation, cependant, j’aimerais tout de suite préciser qu’il m’a fallu faire des choix. Le sujet choisi est vaste, je n’ai pas pu évoquer toutes ces facettes, notamment celles d’exotisme historique, d’exotisme américain…De la même manière, il m’est arrivé aussi parfois d’évoquer des œuvres étrangères et de siècles différents, afin de donner une certaine cohérence à l’exposé.

La Bataille d'Aboukir (en Égypte),1806, Antoine-Jean Gros

La Bataille d’Aboukir (en Égypte),1806, Antoine-Jean Gros

Orientalisme et exotisme dans l’Histoire de l’Art du XIXème siècle, en France.

En 1885 parait Bel-Ami, roman de Maupassant dans lequel le héros (ou plutôt, le anti-héros), George Duroy, achète des ‘chinoiseries’ pour décorer sa chambre avant de recevoir sa maîtresse. A l’époque de la parution, ces objets de décoration imitant des objets chinois sont en fait déjà démodés, puisqu’ils étaient plutôt au goût du jour au siècle précédent. Cependant, la présence de ces objets dans un roman du XIXème illustre tout de même une réalité qui persiste alors : un réel goût pour l’exotisme et, plus particulièrement, pour l’orientalisme.

Cet attrait pour l’étranger, illustré quelque peu grossièrement dans le grand roman de Maupassant, n’est donc pas une nouveauté. Il existait déjà un siècle avant au moins: dans la littérature avec les Lettres Persanes de Montesquieu en 1721 ou la publication entre 1704 et 1717 de la traduction des Mille et une nuits par Galland, et dans la politique d’expansion coloniale européenne — pensons par exemple à l’expédition d’Egypte de Bonaparte en 1798 puis en 1830 la conquête de l’Algérie et, plus tard encore l’ouverture de la Chine et du Japon ainsi que la construction du Canal de Suez en 1869. Au XIXème siècle, l’Ailleurs est donc clairement en vogue; cela se voit aussi avec les expositions coloniales ayant lieu un peu partout dans le monde et, plus proche de chez nous, les expositions universelles et coloniales de Paris en 1889. Il n’est alors pas surprenant de constater que c’est une époque dans laquelle on voit voyager les artistes; in fine ce seront eux qui fabriqueront l’image de l’Orient et de l’Ailleurs au travers de leurs œuvres.

Pour autant, peut-on véritablement parler de mouvement pour qualifier l’exotisme ou l’orientalisme ?

Mon exposé sera divisé en trois parties. Je vais d’abord tenter de définir, de délimiter le sens de ces deux termes avant de montrer la pluralité des formes artistiques qu’ils regroupent malgré, et ce sera mon dernier point, leur unité fondamentalement d’ordre thématique.

Mariée Juive de Tanger, 1832, Eugène Delacroix

Mariée Juive de Tanger, 1832, Eugène Delacroix

I- Une définition ?

Je disais plus tôt que l’orientalisme n’est pas un mouvement à proprement parler; en fait, c’est un sujet, une inspiration. Cela regroupe donc différentes formes d’art, de différents styles. C’est d’abord le monde arabe qui est représenté au début du XIXème, plus précisément les régions d’Afrique du Nord, la Turquie et régions de l’ex-Empire Ottoman. La seconde moitié de siècle mettra plus en lumière l’Inde, la Chine et le Japon.

Quant à l’exotisme, il s’agirait plutôt d’une attitude culturelle de goût pour l’étranger. L’œuvre d’art qualifiée d’exotique, d’un point de vue occidental, l’est pour la présence d’éléments étrangers mais aussi d’émotions inspirées par l’évocation ou le contact avec ces éléments ; le fantasme du harem en est un exemple puisqu’il se créé plus avec l’évocation d’un monde interdit et rêvé qu’avec des représentations absolument réalistes.

Cette attitude culturelle est aussi ce qui a permis aux Romantiques de s’approprier l’exotisme, mais il serait une erreur d’associer systématiquement orientalisme et exotisme au mouvement romantique puisque ces deux ‘courants’ vont bien au-delà.

En somme, on voit que l’intérêt pour des cultures différentes de la culture occidentale ainsi que pour de nouveaux rêves, fantasmes et mondes idéalisés ne se limite pas à un unique courant, à un style ou même à une seule époque, puisqu’il préexistait au XIXème.

II- Une pluralité de formes artistiques…

Afin de montrer l’ampleur des thèmes exotiques et orientalistes , je vous ai préparé une sorte de galerie dans laquelle je vais tâcher d’illustrer diverses inspirations puisées dans ces thèmes-mêmes. Je vais ainsi vous montrer la présence de sujets orientalistes et exotiques dans différentes formes d’art mais aussi dans différents styles.

…dans la peinture

Femmes d'Alger dans leur appartement, 1834, Eugène Delacroix

Femmes d’Alger dans leur appartement, 1834, Eugène Delacroix

  • Commençons par l’exemple qui est sûrement le plus connu: le tableau Femmes d’Alger dans leur appartement (1834), de Delacroix, peintre orientaliste et romantique qui fut le premier Européen à voir l’intérieur d’un harem. Ici, le harem est représenté avec une lumière naturelle; l’œuvre a été réalisée à partir d’esquisses et donne une vision a priori peu fantasmée du harem, ce qui lui a d’ailleurs été reproché par Baudelaire.
L'odalisque à l'esclave, 1839, Jean-Auguste Dominique Ingres

L’odalisque à l’esclave, 1839, Jean-Auguste Dominique Ingres

  • Face à Delacroix, opposons maintenant Ingres et son Odalisque à l’esclave, daté de 1839. Ingres était un peintre français néo-classique et l’on voit qu’il traite le thème déjà abordé par Delacroix d’une façon bien différente, son odalisque, esclave vierge au service du harem (le terme signifiant en littérature « femme de harem ») étant idéalisée et érotisée par ses formes pures et claires, très différentes en effet de la technique que l’on trouve chez Delacroix, notamment si l’on observe le détail presque « pointilliste » du coussin sur lequel s’appuie une des Femmes d’Alger.
L'apparition, 1876, Gustave Moreau

L’apparition, 1876, Gustave Moreau

  • On trouve aussi, plus tard, un univers proche chez Gustave Moreau avec son Apparition de 1876. Peintre symboliste, il ne représente pas un harem mais un épisode des Evangiles : Salomé, après avoir envoûté l’époux de sa mère par une danse, récompensée par la tête de Jean-Baptiste. Cependant, l’exotisme est bel et bien présent; la tête rappelle une estampe japonaise étudiée par Moreau et le décor du palais lui fut inspiré par l’Alhambra de Grenade. L’Orient ici est rêvé et somptueux.

Nous avons donc vu ici trois œuvres et, par la même occasion, trois différentes appropriations dans la peinture d’une même thématique d’ensemble.

…dans la littérature Il y avait vraiment, ici aussi, une multitude d’exemples possibles; je n’en présente que quelques uns — n’oubliez pas, chers lecteurs-trices, que cet article était initialement un exposé oral en temps limité 🙂

 Salammbô, 1907, Gaston Bussière

Salammbô, 1907, Gaston Bussière

  • Salammbô est un roman de Gustave Flaubert (1867) dont l’action se situe dans l’antique cité de Carthage (Tunisie actuelle). L’ouvrage est empli d’une sorte de nostalgie romantique des civilisations disparues… Et puisque l’exotisme regroupe ce qui est étranger, il ne me semble pas exclu d’y considérer aussi les temps du passé, les époques révolues, l’Ailleurs devenant ainsi tant une notion géographique qu’historique.

Il est intéressant de noter que ce roman lui-même est devenu une source d’inspiration, notamment en peinture avec l’œuvre ci-contre de Gaston Bussière (1907) ou avec une lithographie d’Alfons Mucha, en 1895, mais aussi en musique avec un opéra par Ernest Reyer en 1890 et, plus tard, au cinéma avec des films du même nom en 1925 et 1960.

  • En poésie, on retrouve un orient méditerranéen chez Hugo dans ses Orientales de 1829 ou avec Les Djins. De même, on retrouve des thèmes orientalistes dans le recueil Poèmes Barbares de Leconte de Lisle, en 1889.

Il me semble important de vous dire que Flaubert, Gautier et Lamartine, entre autres, voyageaient régulièrement en Orient, comme pour en imprégner leurs travaux… Mais c’est aussi cela qui permit l’écriture de nombreux récits de voyages, parmi lesquels on peut compter; Itinéraire de Paris à Jérusalem, de Chateaubriand (1811), Un voyage en Orient, de Nerval (1851), puis Aziyadé (1879) et Le fantôme d’Orient (1892), de Pierre Loti.

Je le disais dès mon introduction; l’orientalisme et l’exotisme ne sont pas des spécialités françaises. L’Angleterre aussi, à titre d’exemple, disposait d’un vaste Empire aussi et ses artistes avaient le même goût pour l’Ailleurs, ce qui peut être illustré par ce poème écrit par Shelley en 1818, Ozymandias of Egypt, poème où l’Orient permet d’exploiter des thèmes majeurs de la littérature; l’arrogance, la puissance, la permanence de l’art…

OZYMANDIAS of EGYPT

I met a traveller from an antique land
Who said: « Two vast and trunkless legs of stone
Stand in the desert. Near them, on the sand,
Half sunk, a shattered visage lies, whose frown,

And wrinkled lip, and sneer of cold command,
Tell that its sculptor well those passions read,
Which yet survive, stamped on these lifeless things,
The hand that mocked them and the heart that fed,

And on the pedestal these words appear:
‘My name is Ozymandias, king of kings:
Look on my works, Ye Mighty, and despair!’

Nothing beside remains. Round the decay
Of that colossal wreck, boundless and bare,
The lone and level sands stretch far away. »

1818, Shelley

 

…dans le cinéma

Dès ses débuts, on trouve dans le cinéma de nombreux genres, parmi lesquels sont populaires le drame d’aventure et les westerns. Ces premiers sont des drames ayant lieu dans la jungle, ce qui contribua au renforcement des stéréotypes coloniaux, les westerns étant simplement, quant à eux, une nouvelle forme d’exotisme.

Jeanne d'Arc, 1900, Méliès

Jeanne d’Arc, 1900, Méliès

L’exotisme peut donc prendre une forme coloniale mais aussi une forme historique. Pensons par exemple à Jeanne d’Arc de Méliès, en 1900, qui nous amène dans l’Ailleurs des temps médiévaux, ou L’Orgie Romaine de Louis Feuillade, en 1911, qui renvoie à une époque antique, elle aussi située dans un Ailleurs historique et fantaisiste.

…dans l’architecture L’exotisme et l’orientalisme étant au XIXème des thématiques omniprésentes dans les arts, il n’est pas surprenant de constater que l’architecture se les ait aussi appropriées.

Victor Horta, Escalier, Hôtel Tassel, Bruxelles, 1893

Victor Horta, Escalier, Hôtel Tassel, Bruxelles, 1893

Ainsi, l’architecte belge Victor Horta s’inspire des arts des Japonais pour marquer son refus de la symétrie dans ses construction; il utilise des courbes typiquement orientales, tout en les adaptant à l’usage du fer, facteur de modernité. Cela nous donne par exemple cet escalier de l’Hôtel Tassel de Bruxelles, en 1893, exemple typique d’Art Nouveau.

Chokushi-Mon, Jardins botaniques royaux de Kew

Chokushi-Mon,
Jardins botaniques royaux de Kew

Porte du temple Nishi Hongan-ji, Kyoto

Porte du temple Nishi Hongan-ji,
Kyoto

Le XIXème fut un aussi un grand siècle par ses expositions universelles, où l’exotisme et l’orientalisme étaient bien entendu représentés. Ainsi, Chokushi-Mon fut construit pour l’exposition anglo-japonaise de 1910 (il sera déplacé aux Kew Gardens en 1911). L’ouvrage est en fait une copie exacte du temple Nishi Hongan-ji de Kyoto. De plus, la reproduction est aujourd’hui encore entourée d’une reconstitution d’un jardin japonais. A noter également: on trouve dans les mêmes jardins une grande pagode érigée par William Chambers en 1762, après qu’il a voyagé en Chine.

…dans la mode

Bon, j’ignore si la mode est vraiment considérée comme une forme d’art…Mais pour moi, il est clair que cette catégorie trouve parfaitement sa place ici.

Manteaux de Paul Poiret, 1919

Manteau de Paul Poiret, 1919

Paul Poiret « Le Magnifique » (1879-1944), dont vous pouvez voir deux tenues ici, se considérait lui-même comme un artiste -il disait se sentir proche des peintres-, par ailleurs… Il a importé des tissus orientaux, s’inspirant au passage du style oriental qu’il a introduit dans la haute-couture, en usant de matériaux tels que la soie, la laine, le cuir, la fourrure, mais aussi le fer, cela montrant l’omniprésence de l’exotisme au sein de la société de l’époque.

Manteaux de Paul Poiret, 1919

Manteau de Paul Poiret, 1919

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

II- Une pluralité de formes artistiques…Présentant une unité thématique.

  • La femme orientale

On la voit chez de nombreux artistes, elle est une figure centrale des thématiques orientalistes et exotiques.

Orientale, Eugène Giraud

1. Orientale, Eugène Giraud, peintre, graveur & caricaturiste, illustre De Paris à Cadix d’Alexandre Dumas père

Le bain turc, 1862, Ingres

2. Le bain turc, 1862, Ingres, peintre néo-classique

Femme juive de la province d’Alger, 1861, Abel Lawich

3. Femme juive de la province d’Alger, 1861, Abel Lawich, peintre lillois qui a voyagé en Italie, Afrique du Nord, résidé à Alger…Peintre orientaliste

Jeune orientale assise sur un divan fumant dans un intérieur avec un écureuil, Alexandre Decamps

4. Jeune orientale assise sur un divan fumant dans un intérieur avec un écureuil, Alexandre Decamps, peintre aussi connu que Delacroix en son temps, ayant fait un long séjour en Asie Mineure

Dans cette série de quatre images, on voit qu’une interprétation sensuelle, teintée d’érotisme autant que d’exotisme, est donnée à la femme orientale. Tour à tour, elle est représentée avec une attitude masculine, avec une poitrine que l’on devine; elle est musicienne alors, avec son tambour (1)… Elle se place aussi dans le harem, lieu fantasmé (2) ou on lui donne tous les attributs de l’Orient, avec le narghilé, le café, les babouches et l’attitude soit nonchalante, rêveuse, soit mélancolique et désenchantée (3) selon la posture de qui la regarde. On la représente parfois fumant la pipe, dans une posture presque fière, mais on rappelle alors qu’elle est prisonnière de l’enclos du harem en la plaçant devant du grillage (4)…

  • Le Japonisme.

C’est un courant globalement plus tardif, étant surtout populaire durant la deuxième moitié du XIXème siècle. L’art japonais a alors une profonde influence sur l’art occidental, suite à sa politique d’ouverture au reste du monde; les européens achètent des estampes, notamment les artistes parmi lesquels Claude Monet et Van Gogh qui en possédait des centaines, visibles aujourd’hui dans son musée en Hollande. Le Japonisme eu beaucoup d’influence chez les impressionnistes, entre autres, et le courant s’étendit à d’autres arts que la peinture, comme à l’architecture et à la mode, par exemple avec les tenues de Paul Poiret « inventeur » du kimono en France. On peut ainsi voir le Japonisme comme étant la continuité de l’orientalisme.

Princesse du Pays de la Porcelaine, 1863-1864 James Whistler

Princesse du Pays de la Porcelaine, 1863-1864
James Whistler

La Japonaise, (portrait de Camille Monet) 1876 Claude Monet

La Japonaise, (portrait de Camille Monet) 1876
Claude Monet

Cette esthétique japonaise, ces tenues à la mode se retrouvent par ailleurs en peinture, comme vous pouvez le voir avec les portraits de Whistler (Princesse du Pays de la Porcelaine, 1863-64) et de Monet (La Japonaise, portrait de Camille Monet, 1876).

Nocturne en bleu et argent : le pont d'Old Battersea, 1872-1875 James Whistler

Nocturne en bleu et argent : le pont d’Old Battersea, 1872-1875
James Whistler

  Le pont Kyo et la berge de bambous, 1857,  Hiroshige

Le pont Kyo et la berge de bambous, 1857,
Hiroshige

Pont sous la pluie, 1887 Vincent Van Gogh

Pont sous la pluie, 1887
Vincent Van Gogh

L’influence japonaise se voit également de façon très nette dans ces deux œuvres de Whistler et de Van Gogh, Nocturne en bleu et argent: le pont d’Old Battersea (1872-1875) et Pont sous la pluie (1887), œuvres que l’on pourrait presque sous-titrer « d’après Hiroshige ». Whistler, surnommé « artiste japonais en Angleterre » et Van Gogh donnent en effet à ces ouvrages les mêmes passants, la même barque, un pont aux échafaudages fins comme du bambou…

  • Un retour aux formes « primitives ».

Aujourd’hui il n’est clairement pas politiquement correct d’utiliser le terme de « primitif » de cette façon, d’où les guillemets que j’utilise, mais c’est tout simplement le mot qui était utilisé à l’époque pour parler de ces formes d’art…

Les Seins aux fleurs rouges (Deux Tahitiennes ; Femmes aux mangos), 1899, Paul Gauguin

Les Seins aux fleurs rouges (Deux Tahitiennes ; Femmes aux mangos), 1899, Paul Gauguin

Tout comme Delacroix cherchait des couleurs plus intenses, pour représenter la vie du harem de façon plus naturelle, Gaughin cherche à simplifier les formes, les contours, les couleurs… Il trouvait les œuvres japonaises trop raffinées et s’inspira de sa vie à Tahiti pour harmoniser ses représentations avec l’art primitif des Tahitiens, ne se souciant pas de faire de œuvres « plates » lorsqu’il appliquait ses couleurs intenses sur de larges surfaces.

Les demoiselles d'Avignon, 1907,  Pablo Picasso

Les demoiselles d’Avignon, 1907,
Pablo Picasso

Un peu de la même façon, on remarque sur cette toile de Picasso qu’il s’est inspiré des formes simplifiées de masques africains lorsqu’il a peint les visages de ses Demoiselles d’Avignon en 1907.

Masques de la tribu baoule

Masques de la tribu baoule

Tête, 1928, Pablo Picasso

Tête, 1928, Pablo Picasso

Plus de vingt ans plus tard, sa Tête (1928) illustre bien cette idée d’un retour à des formes primitives, qui est aussi retour à une forme traditionnelle d’art, comme avec les masques africain; les formes paraissent inadéquates pour former une image et l’artiste fait comme un travail d’enfant en laissant derrière lui les subtilités techniques de la création artistique.

 

Pour conclure, je ne vais pas parler de la postérité ou de l’accueil qui a été fait à l’exotisme et à l’orientalisme; cela serait en effet absurde puisqu’ils ne sont pas des mouvements à proprement parler…

Les Femmes d'Alger, 1955, Picasso

Les Femmes d’Alger, 1955, Picasso

Je vais plutôt finir sur une dernière toile de Picasso, bel hommage aux Femmes d’Alger dans leur appartement de Delacroix en 1834. Nous sommes alors en 1955 et le XIXème siècle est bien loin déjà; cette œuvre apparaît ici comme un rappel du fait que l’exotisme et l’orientalisme ont perduré d’une certaine façon au travers des âges, des mouvements, perdurant mais se renouvelant toujours. L’étranger, l’inconnu, le rêvé et le passé sont toujours des thématiques qui inspirent, et même dans notre vie quotidienne on en voit des traces !

Je tiens aussi à rappeler que si je n’ai montré dans ma dernière partie que trois thèmes, il y en a bien d’autres ! Mon désir était surtout d’illustrer l’évolution du sujet, son adaptation à « l’air du temps » mais j’aurais pu évoquer aussi les tableaux de batailles, comme les toiles de Delacroix ou de Gros (Cf. la première illustration de l’article).

De la même façon, je n’ai pas évoqué la sculpture ou la musique, cela me semblant un peu difficile à cause du format initial de cet article (.ppt), mais cela existe aussi; je pourrais ainsi citer Henry Moore et sa Figure couchée en 1938 ou, en musique, la pièce composée par Ravel: Tzigane pour violon et orchestre.

 

Sources

Histoire de l’art, E.H. Gombrich

Histoire mondiale de l’art, G. Pischel

Dictionnaire Hachette

http://www.poetes.com/

http://www.ibiblio.org/

http://serieslitteraires.org/

http://www.lesclesdumoyenorient.com/

http://www.histoiredelart.net/

http://fr.wikisource.org/

http://www.histoire-image.org/

http://www.musee-orsay.fr/

http://journaldesgrandesecoles.com/

http://www.normandie-impressionniste.fr

http://fr.wikipedia.org/

http://www.french.hku.hk/

http://www.mfa.org/

http://www.metmuseum.org/

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4 réflexions sur “Orientalisme & Exotisme

  1. themysticlamb dit :

    Beaucoup de références trouvées pour un exposé en temps limité! tu as du beaucoup potasser. 🙂 Je te conseillerais d’aller regarder un petit peu vers les Arts and Crafts ainsi que chez l’architecte Henry Van de Velde pour approfondir le sujet Art Nouveau

    Bonne continuation!

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  2. Clou dit :

    C’est un excellent boulot, Jo’ ! sans te mentir, ton exposé complète pas mal mes cours d’art contemporain (fin XVIIIe – années 1910), on a seulement survolé l’orientalisme (effectivement avec Ingres et Delacroix essentiellement, genre La Mort de Sardanapale, qu’est-ce qu’on en a bouffé haha ! et puis un peu de Gérôme, Chassériau…). J’aime que tu traites différents domaines, c’est ce qui manquait à mes cours aussi ! Il y a 2 livres sur le sujet auxquels tu peux jeter un oeil si le coeur t’en dit, The Birth of Orientalism par Urs App, et La Renaissance Orientale par Raymond Schwab – mais peut-être les as-tu déjà croisés pendant tes recherches. En dehors de la thématique de ton exposé, si tu as envie de te pencher sur les débuts du cinéma – une de mes options au premier semestre – il y a le Cinématographe, invention du siècle par Emmanuelle Toulet aux éditions Gallimard pour une initiation générale et historique, ou sinon, si tu cherches un côté plus « philosophique » et théorique, l’excellent Le cinéma, nature et évolution d’un art nouveau par Béla Balàzs aux éditions Payot et Rivages (les chapitres X et XII, respectivement sur le montage et les techniques d’expression de la caméra sont tout à fait intéressants (et je ne dis pas ça seulement parce-qu’ils ont été mes sources principales pour mon dossier final haha)). J’aimerais encore approfondir mon commentaire, mais ce serait bien que tu puisses finir de le lire un jour ^^ Je te félicite encore pour ton super travail ! (PS: l’ouvrage de Gombrich est ce qu’on peut appeler la Bible de l’histoire de l’art ^^) Et que ta curiosité soit sans limite !

    Aimé par 1 personne

    • J. Heather Chaplin dit :

      Merci beaucoup !! Je suis contente que tu aies pu y apprendre des choses ; je l’ai publié précisément pour cela 🙂 N’hésite d’ailleurs pas à filer l’article si tu as des amis qui aimeraient aussi approfondir vos cours haha.
      Je vais noter les références que tu me donnes. Ça n’est pas forcément mon domaine d’intérêt principal ces temps-ci mais si un jour la folle envie me prend d’en savoir plus j’irais y jeter un œil, donc merci encore !

      J'aime

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